posts du 16 mai, 2010


Hank Jones-MERCI

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Hank Jones-Nou Ka Sonjé

Hank Jones (de son vrai nom Henry « Hank » Jones) est un pianiste de jazz américain, né le 31 juillet 1918 à Vicksburg (Mississippi) et mort le 16 mai 2010 à Calvary Hospital Hospice dans le quartier du Bronx de New York des suites d’une brève maladie.

Biographie
Henry Jones est né le 31 juillet 1918 à Vicksburg dans l’état du Mississippi. Ses parents déménageront rapidement après sa naissance avec la perspective d’un nouveau travail dans l’état du Michigan et pour une maison plus spacieuse de 3 étages en brique rouge avec la famille qui s’agrandit rapidement.

Hank Jones est le troisième enfant et premier fils d’une fratrerie de 6 garçons et 4 filles, il avait 2 sœurs ainées qui jouaient du piano : « Ma sœur aînée était une enfant prodige du piano dès l’âge de 10 ans. Mais elle est morte dans un accident de patins à glace. Ça été un terrible drame pour nous tous ». C’est aussi le frère d’Elvin Jones, batteur historique de John Coltrane, et du trompettiste et arrangeur Thad Jones.

Le père d’Hank est un ouvrier d’usine de voiture et est un membre très actif d’une communauté religieuse Baptiste. Sa mère eut fort à faire au foyer avec ses 10 enfants à élever et à éduquer et chante régulièrement. À la question « Tes parents écoutaient-ils beaucoup de musique à la maison ? » posé par Jean-Michel Reisser « Beethoven » en août 2006, Hank Jones répondra : « Oh oui. Mon père jouait de la guitare en amateur. Il aimait les gospels, le Blues et la musique religieuse. Il était très religieux. Nous avions des disques et j’écoutais tout ce que je pouvais : Duke Ellington, Fats Waller, Earl Hines, les big bands de Jimmie Lunceford, Benny Carter … et beaucoup de Blues. Mes parents ne vivaient pas dans le luxe mais ils s’en sortaient. J’ai commencé à prendre des leçons de piano vers mes 10-11 ans. »

Il passe sa jeunesse et grandit à Pontiac (Michigan) près de Detroit, où sa famille s’est installée. Comme ses 10 frères et sœurs, il apprendra et étudiera le piano vers 10, 11 ans, avec une professeur pianiste et chanteuse. « De ce point de vue, comme la plupart des pianistes afro-américains, ma formation et mon apprentissage sont d’un classicisme absolu », dira-t-il dans une interview au Monde en juillet 2009. En effet, il n’apprend pas le jazz, mais « toute la base indispensable du piano plus la composition ». Grâce à son émérite professeur, il dit avoir « acquis une solide technique classique de l’instrument ».
Il sera influencé par des pianistes comme Earl Hines, Teddy Wilson ou encore Art Tatum et surtout Fats Waller qui faisait alors un programme radio hebdomadaire. C’est aussi cette époque que le jeune Hank vers 7 h 30 « avait les oreilles collées contre le poste de radio » familial pour écouter les larges diffusions d’enregistrements albums de Fats Waller. Les dimanches, lui et ses frères écoutent les retransmissions radio locales de l’orchestre The Detroit Symphony.

À 13 ans, en 1931, il commence déjà à jouer pour des bals et des stations de radio locales. Il était payé 30 cents le « gig ». Avec ça, il « s’achetait 2 hamburgers. C’était rien mais je le faisais. » Faits que son père, en qualité de diacre de communauté religieuse Baptiste désapprouvait totalement.

A 15 ans, Hank Jones continue son aventure et commence à se produire dans des boîtes de jazz de Detroit.
Vers l’âge de 20 ans, autour de 1938, on le retrouve dans des salles et avec des orchestres locaux, aux alentours de Pontiac, sa ville natale, puis dans les Etats du Michigan et de l’Ohio et avec toujours des groupes locaux à Lansing puis Grand Rapids[2]. Il fait équipe avec le « Territory Band » de Benny Carew. Là, il rencontre alors deux musiciens qui allaient devenir des géants du saxophone ténor Wardell Gray et Lucky Thompson qui l’invite à New York, dans la 52e rue, en 1944 pour travailler à l’Onyx Club avec le trompettiste Hot Lips Page. C’est un soir de cette année 1944, que débarque toujours à l’Onyx Club Ray Brown pour voir jouer Hank avec Hot Lips Page. À l’entracte, Dizzy Gillespie arriva et Jones lui présenta le jeune Ray Brown qu’il engage dès le lendemain pour répéter avec Charlie Parker, Bud Powell et Max Roach.

En 1943, à Buffalo, il tourne avec un trio original composé d’un saxophone ténor et d’un contrebassiste. Notre pianiste terminait chaque soir sa prestation vers 23 h 00. Il filait alors prestement à un autre club de jazz, le « McVan’s » où se produisait chaque soir jusqu’à 1 h 00 du matin son idole Art Tatum: « Le regarder jouer ne suffisait pas car ses doigts allaient beaucoup trop vite. Il fallait écouter les harmonies. Ensuite, je commençais à déceler certaines choses. Après écoutes, je reconnaissais certains traits qu’il interprétait et pourquoi il les jouait de cette façon. C’est comme ça que j’ai pu comprendre un tout petit peu ses phrases, sa technique et ses interprétations surhumaines. Je m’essayais juste à côté de lui pour ne rien perdre de ce qu’il faisait ! C’était absolument incroyable ! Il jouait sans effort. Tout coulait d’office. Même encore aujourd’hui, quand je le réécoute, je ne peux toujours pas croire ce que j’entends. Un pur génie ! »

Il se rapproche donc d’Art Tatum, mal-voyant et s’occupe de lui : « Je m’occupais souvent d’Art Tatum : j’allais le chercher chez lui (il vivait dans un hôtel) pour l’emmener au « Three Deuces » car il ne pouvait pas se déplacer seul. »

Affiche d’un spectacle de Hawkins.Et, c’est à New York, qu’en 1944, il joue avec Andy Kirk et découvre avec Coleman Hawkins, l’un des plus grands saxophonistes de l’époque, les musiciens bebop. Il est rapidement attiré par ce nouveau style au point de chercher lui-même à le maîtriser. Jones, en écoutant alors notamment les autres pianistes modernes comme Bud Powell, commence à s’adapter lui-même aux mélodies et aux changements harmoniques qui caractériseront le bebop.

Appelé par John Kirby, Cousin Joe, Howard McGhee, Coleman Hawkins, Andy Kirk, et surtout Billy Eckstine en 1945, pour étoffer son le big band, il transforme son jeu en expérimentant la créativité ambiante et devient une référence pianistique.

Depuis les nightclubs, les clubs de jazz jusqu’à la scène de Broadway, Jones accompagnera presque tous les artistes majeurs de la scène jazz comme en atteste ce qui suit. C’est le début alors d’une grande et longue carrière professionnelle qui sera récompensée en 2008 d’une National Medal of Arts et en 2009 d’un Grammy Award.

Après toutes ces expériences entre 1944 et 1946 dans de nombreux d’orchestres et styles différents, Norman Granz l’appelle. Il vient de fonder son premier label Clef Records. Norman Granz décide d’engager Hank et Ray pour ses « Jazz At The Philarmonic concerts » (= JATP) et ils partent en tournées ensemble à l’automne 1947 : ce qui lui offre la possibilité de jouer avec Roy Eldridge, Charlie Parker, et Max Roach. C’est ainsi qu’il enregistra un peu plus tard pour le label de Norman Granz avec Charlie Parker plusieurs sessions en quartet avec Ray Brown à la contrebasse, Shelly Manne ou Buddy Rich à la batterie.

De 1947 à 1952, il devient toujours grâce Ray Brown l’accompagnateur de Ella Fitzgerald
Brown, en homme d’affaires avisé, suggéra à Norman Granz son trio et Ella pour étoffer ses JATP. ll s’occupera de toutes les négociations : contrats, interviews, voyages etc. du groupe qui devient l’un des ensembles les mieux payés et qui voyagera pendant 5 années sur plusieurs continents, notamment en Grande-Bretagne en 1948 et en Europe en 1952. Cette même année, Ray Brown divorcera d’Ella Fitzgerald au retour d’Europe et cela sonnera, pour Hank et Ray, le glas du trio qui l’accompagna si chaleureusement ces 5 dernières années. Norman Granz restera le manager d’Ella pour laquelle il créera Verve Records en 1955. Ray et Hank doivent se trouver un autre boulot…

Encore en 1952, il rejoint alors Artie Shaw et ensuite travaille avec Johnny Hodges, puis Tyree GlennEntre 1953 et 1956, il se sédentarise en renonçant aux tournées et signe avec Savoy Records qui lui offrit un « bon contrat » pour devenir le pianiste attitré de ce label de disques. Avec Wendell Marshall ou Paul Chambers à la contrebasse, Kenny Clarke ou Shadow Wilson à la batterie, ils constituaient la rythmique maison que l’on retrouve sur de nombreux albums produits par Onzie Cadena, grand et réel fan de jazz. Il joue avec Kenny Clarke pour enregistrer l’une des toutes premières sessions de Cal Tjader en leader de formation.

Hank Jones enregistre son premier album « Opus De Funk » avec Milt Jackson , Frank Wess, Kenny Clarke et le bassiste Eddie Jones. Ce fut un hit et reste un classique de l’époque.

Et c’est ainsi qu’en 1956[14], il rencontre Benny Goodman, leur collaboration s’étendra sur de nombreuses années jusqu’en 1973. On le demande aussi pour enregistrer avec Lester Young, Milt Jackson, Cannonball Adderley et son Julian Cannonball Adderley, et Wes Montgomery.

Ce pianiste au toucher délicat et au phrasé impeccable devient alors un « sideman » très recherché durant les années 1950 et 1960.

Il forme ensuite, en 1956, avec Milt Hinton (contrebasse), Osie Johnson ( batterie) et Barry Galbraith (guitare), un quartet appelé The New York Rhythm Section.

Un des albums qui a marqué le Jazz à cette époque, c’est le fameux « Something Else » avec Cannonball Adderley, Miles Davis, Sam Jones Art Blakey et bien sûr Hank Jones en 1958 dont l’idée revient à Alfred Lyon, le patron de « Blue Note ».

Hank Jones a rencontré alors comme il le reconnaitra lui-même plus tard tous les plus grands : « Dizzy, Charlie Parker, Roy Eldridge, « Sweets » Edison, Buddy Rich, Shelly Manne, Jay Jay Johnson, Stan Getz, Lionel Hampton, Lester Young, Bill Harris, Benny Carter, Johnny Hodges, Gene Krupa, Buddy DeFranco, Clark Terry, Les Paul, etc … Tous. ». Une chance extraordinaire dans une vie de musicien dont il est l’un des seuls à pouvoir en faire état.
Il rejoint en 1959 la chaîne CBS où il resta 17 ans, pour devenir le pianiste de leurs shows. Il auditionne et joue avec toutes sortes d’artistes ( « chanteurs, danseurs, conteurs, comiques parfois » ) et a même travaillé comme pianiste de fosse avec Ray Bloch. Il enregistre aussi des jingles de programmes et des musiques de films. Avec le recul, il considère que ce fut pour lui une grande expérience car il a « encore appris énormément de choses, surtout à devenir un pianiste tout terrain, capable de jouer un maximum de choses avec tous ces gens totalement différents ».

Il participera aussi à un instant demeuré célèbre dans l’histoire de la présidence des États-Unis quand il accompagnera Marilyn Monroe chantant “Happy Birthday” au président John F. Kennedy, qui venait d’avoir tout juste 45 ans, au cours d’une Garden party du mouvement démocrate organisée au Madison Square Garden en mai 1962 Ed Sullivan Show… Mais hélas pas le voir.

En 1975, la télé CBS se sépare de ses « musiciens maison ». Hank Jones revient sur le devant de la scène du Jazz et on l’avait presque oublié…

Jones reprend de plus belle ses activités d’enregistrements, en tant que soliste, en duo avec d’autres pianistes (incluant John Lewis et Tommy Flanagan), ou encore avec différentes sortes de petites formations, la plus connue étant le Great Jazz Trio et dont la demande insistante japonaise en ait l’instigatrice en 1976
C’est à cette époque qu’il développe une affinité naissante et nouvelle pour les claviers et pianos électriques.

Il recommence donc à écumer les clubs de jazz et part au Japon en 1976 pour participer à plusieurs festivals, et notamment celui de Concord Records, où il recevra un accueil chaleureux. Il enchaîne en 1977 sur des tournées européennes et sur l’enregistrement en trio d’un album avec Ray Brown et Jimmie Smith pour le label Concord : il y joue d’anciens standards d’une façon dite actuelle au piano électrique Fender Rhodes avec doigté. Cette même semaine, il enregistre aussi 2 autres albums dont un avec le guitariste Tal Farlow qui revenait sur la scène après 10 ans d’absence.

The Great Jazz Trio ne s’est produit qu’une seule semaine en « live » au club Village Vanguard de New-York avec ses membres d’origine : Ron Carter et Tony Williams, deux membres du quintette de Miles Davis des années 60. Tous les albums produits ensuite seront des albums studio.
En 1978, il conduit et interprète la bande originale composée principalement autour de la musique de Thomas Fats Waller pour la comédie musicale de Broadway Ain’t Misbehavin’  dont le rôle principal est tenu par Irene Cara et qui sera récompensé par 4 Tony Awards dont celui de la meilleure musique.

Son talent est internationalement reconnu et il commence à enregistrer de nombreux albums sur des labels français et japonais t Eddie Gomez et Al Foster, puis en 1982 Jimmy Cobb replaça Foster. Le trio enregistre aussi avec d’autres stars invitées comme Art Farmer, Benny Golson, et Nancy Wilson.

Toujours au début des années 1980, Jones devient titulaire au poste de pianiste du Cafe Ziegfeld au centre de Manhattan. Il effectuera en parallèle une tournée au Japon pendant laquelle il joue et enregistre avec George Duvivier et Sonny Stitt.

Toujours dans les années 1980, estimant que l’on pouvait l’entendre sur de nombreux albums, il décide de recentrer sa carrière sur la réalisation d’albums et de projets personnels.

Ses projets variés des années 1980 incluent des performances avec les pianistes John Lewis et le désormais vétéran du style Bebop né à Detroit Tommy Flanagan qui, en interview dans Jazz Spoken Here, qualifiera Jones comme étant « un grand pianiste de solo » et « un grand accompagnateur ».

En 1989, le National Endowment for the Arts (et)  lui décerne la qualité et le titre de Jazz Master, la plus prestigieuse récompense de la nation américaine en matière de jazz.

En 1995, il va aller à la rencontre de la musique mandingue en enregistrant en compagnie du Malien Cheikh Tidiane Seck aux claviers l’album de World music
« Sarala ».

Charlie Haden en concert en 1990Considéré comme musicalement versatile, il enregistrera l’album Steal Away fait de chants religieux (spirituals), de chansons folk et d’hymnes en duo avec le contrebassiste Charlie Haden. Des concerts du même tonneau suivront…

Il sera également introduit au prestigieux International Jazz Hall of Fame de l’ASCAP qui lui a décerné un Hall of Fame’s Jazz Living Legend Award en 2003.
En 2006, Hank Jones avoue au journaliste Jean-Michel Reisser à qui il se livrera en interview, « jouer plus que jamais », surtout à son âge. « Tous les jours, 2 à 3 heures, après le petit déjeuner ». il s’exerce : « les gammes majeurs, mineurs, altérées, des arpèges dans les douze tons les 2 mains ensemble à l’octave, des arpèges brisés, des gammes brisées ». Il concèdera « ne travailler jamais l’improvisation » : « Cela doit être spontané et jamais répétitif. J’ai deux pianos à la maison. Un piano droit situé en bas des escaliers et un Baldwin en haut ». Toujours au même journaliste, en réponse la question « Dans les années 40 et 50, beaucoup de musiciens sont morts dû aux drogues. En as-tu pris? », il confesse : « Jamais. Quand j’ai constaté les dégâts que cela causait, je me suis tenu hors de toutes ces horreurs : je ne bois pas, ne fume pas, fais attention à ce je mange. C’est sûrement à cause de cela que je suis encore en vie aujourd’hui. Même si Stan Getz , Miles ou Sonny Stitt sont morts plus tard, ils ne sont pas venus très vieux. Un vrai gâchis. ».

Hank Jones passe enfin les dernières années de sa vie à New York dans le Upper West Side de Manhattan. Il a également une maison à Hartwick (État de New-York). L’album You Are There, sur lequel il se produit en duo avec la jeune chanteuse italo-américaine Roberta Gambarini à qui il donne la réplique sort en 2007. Deux ans auparavant, on retrouvait Hank Jones sur le disque For My Father (2005) avec le bassiste George Mraz et le batteur Dennis Mackrel, ainsi que sur l’album de Joe Lovano : Joyous Encounter (2005).

Bien que la pensée d’une retraite méritée lui ait traversé l’esprit, à 87 ans, Jones reste très resté, concerts dans le monde entier, enregistrements multiples et enseignement en classe de maîtrise de jazz (jazz master classes) d’écoles diverses, comme l’Université de Harvard et l’Université de New York.

Il enregistre aussi avec le pianiste Brad Mehldau et le Montreal Jazz Festival 2008 présentera Hankdans un extraordinaire duo concert avec Brad Mehldau : c’était comme s’ils dansaient l’un avec l’autre d’une danse parfaite.

Toujours très actif pour son grand âge, il donne encore en 2009 une série de concerts en Europe notamment au festival Jazz à Vienne, au festival de Jazz à La Villette à Paris, à Genève, en République Tchèque et à Istanbul.

En Juillet 2009, on retrouve ainsi Hank Jones toujours aussi dynamique jouant au Jazzaldia Festival de San Sebastian en Espagne.

Cheikh Tidiane Seck, à quelques jours des retrouvailles entre de ces deux musiciens dans le cadre du festival Jazz à La Villette 2009, dira à propos d’Hank Jones : « Pour moi, Hank représente l’essence de l’humilité. Sur le disque, il est là sans prétention, mais il apporte beaucoup. Hank montre qu’on peut jouer en restant soi-même, tout en sonnant différemment ».

En février 2010, il était encore en tournée au Japon.

Atteint d’un cancer à la prostate qui n’est cependant pas la raison de son décès, selon son imprésario Jean-Pierre Leduc, et souffrant depuis le mois de mars, il s’éteint le dimanche, 16 mai 2010, à Calvary Hospital Hospice dans le quartier du Bronx de New York où il était hospitalisé.

Hank Jones devait revenir en Europe cet été 2010, avec notamment à son programme un concert en juillet, au festival Jazz à Beaupré, à Saint-Cannat près d’Aix-en-Provence. Il devait également se produire au prestigieux club de jazz Birdland à New York, la semaine suivant sa disparition, mais, les médecins inquiets de son état de santé, ne lui donneront pas l’autorisation d’envisager ce dernier départ…

Pleased to Meet You, des enregistrements avec le pianiste Oliver Jones forment le dernier album publié de son vivant, selon Jean-Pierre Leduc. Juste avant sa mort, il avait enregistré un duo en artiste invité avec la vocaliste Hilary Kole, qui doit sortir en août 2010 sur le label Justin Time Records. Son dernier enregistrement est un album de duos avec le contrebassiste Charlie Haden, à paraître en 2010 chez Universal France.

Il a été marié à Theodosia Hank à laquelle il survivra de nombreuses années comme à un certain nombre de ses neveux et nièces.

Reconnaissance professionnelle
La National Medal of ArtsTony Award : meilleure musique pour la comédie musicale de Broadway Ain’t Misbehavin’ en 1978. Hank Jones conduit et interprète la bande originale composée principalement autour de la musique de Thomas Fats Waller, une de ses idoles.
National Endowment for the Arts – NEA Jazz Master : nomination et récompensé en qualité de Jazz Master en 1989.
JazzFest : nomination dans l’ordre des Jazz Master (2002).
ASCAP the American Society of Composers, Authors and Publishers Award : Il a été également introduit dans l’ordre du prestigieux International Jazz Hall of Fame qui lui a décerné un Jazz Living Legend Award (2003).
National Medal of Arts : nomination dans l’ordre en 2008.
Grammy Award : nomination dans l’ordre en 2009 pour l’accomplissement de sa longue carrière.
Jazz Journalists Associations : Pianiste de l’année (2009)
Congressional Achievement Award : nomination dans l’ordre qui lui a décerné un Congressional Achievement Award (en ?…)
Renchérissant de superlatifs, les critiques professionnels estiment unanimement qu’Hank Jones possède un toucher pianistique exceptionnel : talent dont il a toujours douté lui-même.

Pendant près de 35 années, il fut un homme de l’ombre étant principalement un sideman d’albums le plus notablement avec Ella Fitzgerald.

Ses compères musiciens admirent son imagination, sa versatilité musicale et son style particulier, qui mélange avec tact, l’urbanité et la conduite rythmique des pianistes d’Harlem, la dextérité d’Art Tatum et l’harmonie de style du bebop.

Décrivant l’habileté d’Hank Jones à interpréter une large variété de styles musicaux, un critique musical ira jusqu’à écrire dans la revue Down Beat[2] : « L’énigme d’Hank Jones est simple, il n’est pas seul : il y a Jones le pianiste classique; Jones le pianiste bopper; et Jones le pianiste modern jazz. »

Jean-Pierre Leduc, depuis de longues dates le dernier manager d’Hank Jones et représentant la maison de disques Justin Time Records rapporte à sa disparition : « Aujourd’hui, nous célébrons son esprit, son cadeau, sa joie, sa sagesse et son amitié. Hank a vécu et a respiré la musique qu’il jouait et n’était jamais loin d’un clavier, même à la fin. Son incroyable explosion de productivité quelques ces dernières années ( les concerts, des enregistrements, des collectes de fonds,…) était sans précédent et vraiment remarquable. ».

Reste de lui l’image d’un artiste talentueux, accompli, efficace, simple et discret…

Hank Jones à propos de lui-même et du jazz
« Il faut se remettre en cause à chaque instant, c’est à ce prix que l’on connaît l’indispensable sérénité de l’improvisation », disait-il dans une interview donnée en juillet 2009 au quotidien français Le Monde, avouant ne pas aimer les termes de jazz ou de be-bop (et)  , un genre où il s’est particulièrement illustré, car ces étiquettes « manquent de respect pour l’art qu’elles désignent ».

L’idole d’Hank Jones : Art Tatum dans le film The Fabulous Dorseys (1947)A la question du même journaliste du journal Le Monde qui lui demandait s’il se considérait comme un géant du jazz, il répondait: « Non, peut-être en suis-je un nain appliqué ».
« C’est là que j’y ai rencontré Art Tatum. Je le connaissais déjà à travers ses disques et c’était mon idole. La première fois que je l’ai entendu, je croyais qu’ils étaient deux pianistes, Art et Tatum ! Quand j’ai su que c’était qu’un seul homme qui jouait ainsi, je ne pouvais pas le croire. » Hank Jones – Propos d’interviews d’août 2006.
« En 1949, Charlie Parker me demanda de faire partie de son groupe. J’ai refusé. Je pensais que je ne serais pas à la hauteur. Puis, à la suite de « Something Else », Miles me demanda aussi de rejoindre son quintet. J’ai également décliné l’offre pour les mêmes raisons. » Hank Jones – Propos d’interviews d’août 2006.
Anecdotes

Hank Jones a déclaré en interview à propos de Thelonious Monk : « Un jour, il me dit : « viens à la maison, j’ai quelque chose à te montrer ». Je pensais qu’il allait me dévoiler certains de ses secrets. Il s’assit au piano et me demanda de relever ce qu’il allait jouer. C’était une toute nouvelle composition. Il me dit : «note le titre : « Monk’s Mood ». Je l’ai écrit exactement comme il me l’a interprété. »

Discographie

Le pianiste Hank Jones reste l’un des musiciens les plus prolifiques de toute l’histoire de l’enregistrement grâce à une carrière exceptionnellement longue. Elle débute en 1944 en enregistrements sonores pour s’étendre jusqu’à février 2010, date de sa dernière tournée au Japon. Il a enregistré environ 780 albums en tant que sideman et plus de 150 en leader[3]… Le choix reste donc extrêmement vaste dans son immense discographie.

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Une sélection d’albums Hank Jones par Hank Jones

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Bibiographie

(fr) Hank Jones – Par Alain Gerber (Édition Hland) ∫ ISBN 9782918830115 (Disponible également en pdf[40]).
Voir aussi
Archives Médias
(fr) Open jazz par Alex Dutilh : Hommage à Hank Jones – Emission du lundi 17 mai 2010 de 19h10 à 20h diffusée sur France Music.
(en) New York Times : Hank Jones, Versatile Jazz Pianist, Is Dead at 91 – Article de Peter Keepernews paru le 17 mai 2010.
(en) The New Yorker : The Dean : Listening to Hank Jones. – Article de Whitney Balliett publié le 15 juillet 1996.
(en) The New Yorker : Autumn in New York : Hank Jones’s late-flowering mastery. – Article de Gary Giddins publié le 4 juin 2007.
(en) Fresh Air : Interview d’Hank Jones en 2005- Par Terry Gross sur Fresh Air
(en) Times Newsline : Jazz legend Hank Jones Dies At 91 – Publié le 18 mai 2010.
(en) New York Daily News : Hank Jones, world-class jazz pianist and Marily Monroe accompaniest, dies at age 91 – Article de David Hinckley paru le 17 mai 2010

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