Maurice LONGRAIS 
(Batterie – Trompette) 

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« Ma vie de musicien » écrit, Maurice LONGRAIS.

Mon enfance s’est passée à la rue Lazare Carnot, à la cour Keler. Des ma plus tendre enfance; j’ai eu la musique dans le sang!. Des que je trouvais une baguette quelconque; je tapais sur tout ce qui était autour de moi. Tout ce qui se trouvait à ma porté était motif pour me pousser à exprimer un rythme. Il faut dire que ma maman travaillait au cinéma Gaumont et que des Musiciens étaient chargés d’animer les films muets. De ce fait, il m’était aisé d’y pénétrer afin d’écouter la musique qu’ils faisaient. Jean Abrosy était le batteur de la formation dans la quelle officiaient qui : Léon Apanon, Stellio, Léardée, Raymond Laurette, Bellony, Marchand etc.… Moïse Chari un excellent clarinettiste. Je me régalais en les écoutant.
Bien entendu ; après le film, les musiciens s’en allaient, mais la batterie était laissée sur place dans la journée; je m’amusais à taper dessus. Ma maman n’appréciait guère mon comportement, craignant que je détériore l’instrument.

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Jean Abrosy ayant constaté que cela m’intéressait beaucoup; m’apprenait quelques rudiments. Convaincu que j’étais doué; il me laissait prendre place pour accompagner les autres. Tout ceci faisait la joie des musiciens et surtout des spectateurs. J’avais droit à beaucoup d’applaudissements et même d’ovation. Quelques fois; Jean me demandait de le remplacer. Un beau jour; il décida de quitter le Gaumont. Monsieur René Didier alors propriétaire du cinéma fait commander une batterie en France. Une fois livrée ; il demande à ma maman de me permettre d’être le nouveau batteur. J’en étais fou de joie!. Me voilà donc à quatorze ans batteur-accompagnateur de grands musiciens. J’y suis resté deux ans (1933 – 1934).
Ensuite, à la période du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France, j’intègre l’orchestre d’Anderson Bagoé. C’était un musicien fabuleux. Son dancing se trouvait au parc des exposition; (actuellement Parc Floral). Il avait un réel plaisir à faire danser les enfants – les adolescents et les adultes.
J’avais alors seize ans et le plaisir était pour moi de côtoyer un homme comme lui. A l’époque du cinéma Gaumont; il y eut le passage d’un orchestre Trinidadien « le Toratoma » dans cette orchestre, officiait un joueur de cornet à piston du nom de Will King devant lequel j’étais en admiration. Il faut avouer qu’il jouait à la perfection. Amoureux déjà depuis longtemps des instruments en cuivre; je décidai d’acheter un cornet à piston. J’avais tant rêvé de cet instrument; qu’une fois en mains je suis allé voir Léon Apanon pour m’apprendre le solfège. Celui-ci me permit de bien connaître l’instrument. Par ailleurs; j’ai eu de bons conseilles comme le prof Dabon du Lamentin, ainsi que messieurs Coridun et André Collat. Tous ceux-ci m’ont beaucoup aidé dans ma carrière de trompettiste. Je fis rapidement des progrès.
L’instrument maîtrisé; j’adhérai à mon premier orchestre le « Native Band » sous la direction du pianiste Henri Sommier. Après quelque temps, cet orchestre fut dissout pour être remplacé par « Harmonie King ». Je participai bien entendu à ce nouvel orchestre toujours comme trompettiste, et ce durant plusieurs années. Un jour, j’ai eu envie de voler de mes propres ailes; et j’ai décidé de former un orchestre du nom de « S. Bar ». Cette formation fut la suivante : Georges Césaire au piano – Jude Marlet au violon – Andrée Zécler à la contrebasse – Eugène Bechet – Thorel au banjo – Ernest Larode à la batterie; et moi même à la trompette. Comme saxophoniste il y avait Raymond Joxe. En plus de cet orchestre, j’en ai eu d’autres.
A l’époque ou j’étais dans « Harmonie King » j’avais souvent joué à « Madiana – Plage ». Le propriétaire de ce lieu à décidé de quitter la Martinique pour se rendre en France. Ce monsieur du nom de Fernand Boclé possédais deux dancing. « Madiana – Plage » et le « Sérénade ». Je lui proposai donc de me donner la gérance de Madiana. Affaire conclue, tout comme le faisait mosieur Boclé; j’ai continue la formule « Punch en Musique » le dimanche de 10h à 14 h. Pour la période du carnaval; j’assurais les soirées le samedi jusqu’au « mercredi des cendres ». Les musiciens de la formation se mirent à me jalouser, et c’est la que commence le déclin. Ceux-ci estimaient que lorsque dans la salle il n’y avait qu’une dizaines de couples; ils se devaaient de remettre leur instrument en boite, me laissant me débrouiller seul avec mon ami Loulou Joly que je n’oublirai jamais. Il était pianiste; et tous deux nous terminions la nuit ainsi. Pourtant les autres n’avaient aucun contrat ailleurs. Ils s’en allaient simplement faire le « bœuf » un peu partout, pour ne revenir qu’en fin de soirée pour voir comment se termine ce bal. Après un tel échec; toutes mes économies y étaient passées; je décidai de tout abandonner pour me rendre en France en compagnie de mon épouse et de ma fille.
Nous sommes arrivés à Paris le 27 septembre 1951. Bien que je n’étais pas connu dans la capitale; je me rendais régulièrement sur la place Pigalle, haut lieu de rendez-vous de tous les musiciens blancs ou noir. Pour subsister, je me débrouillais à faire quelques petits boulots. Entre temps. Je multipliais mes contacts; finalement ma patience fut exhaussée. Ma première proposition fut une saison pour deux mois, juillet et août au Lavandou dans l’orchestre de Jô Dany. Telle fût cette porte ouverte qui me permit de démarrer. Me voilà baignant dans les grandes eaux. La grande occasion pour moi est d’accompagner les « Peters Sisters » et quelques autres grandes vedettes.
Me voilà dans la cour des grands du Jazz. Durant douze jours, je participe au tournage du film « Paris Blues » avec Louis Armstrong et bien d’autres. Puis je vais avec Sidney Bechet en Belgique à Knok, ensuite c’est avec le grand accordéoniste de Jazz Gus Viseur. De jouer aux cotés du trompettiste Bill Colman est pour moi une joie immense! ainsi que pour Maxims Saury. Je me retrouve maintenant avec le grand saxophoniste Robert Mavounzy. Ensemble nous jouons au « Floréal », sur les grands boulevards; puis pour une semaine à Dakar; un moi et demi en Belgique.
C’est pour moi le premier retour au pays. Nous avons un contrat pour la Martinique au cinéma Pax à Fort de France. Ce fut pour moi un heureux plaisir. Nous sommes en 1958. J’y retourne en 1964 et le succès est toujours de mise.
Ma vie de musicien à Paris est meublée de boites prestigieuses : « l’Eléphant Blanc » – la « Villa d’Este » – le « Pavillon d’Armonville » etc.… sans oublier celles de l’Etranger. Avec ma popularité; j’étais sollicité pour jouer dans bon nombre de films :
• « Une Vie de Garçon » avec Roger Pierre et Jean Marc Thibaut.
• « La Vie de Modigliani » avec Gérard Philip.
• « Blague Dans le Coin » avec Fernandel.
• « Paris Blues » avec Louis Armstrong et P. Newman.
• « Fantômas » avec Jean Marais.
• « Un Flic » avec Alain Delon.
• « Le Professionnel » avec Belmondo.
• « Fédre » avec Bourvil.
• « Le Gendarme à New York » avec De Funès.
• « Tartarin de Tarascon » avec Dary Cole, Francis Blanche et beaucoup d’autres encore.
Pourtant à mon deuxième séjour à la Martinique en 1964; avec Robert Mavounzy, une fois de retour à Paris; je me suis rendu compte que les choses n’étaient pas les mêmes. Les contrats se raréfiaient, les discothèques prenaient le dessus. J’ai donc décidé d’abandonner la musique pour entrer dans l’administration. Au ministère des finances, et ce, jusqu’à ma retraite en 1984.
(Maurice LONGRAIS)

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